dimanche 18 janvier 2015

On the road again - le sud de l'Australie en van- km 1222

La dernière semaine sur Perth a été bien remplie.J'ai travaillé jusqu'au 3 pendant que Remy s'est chargé de l'aménagement et de l'équipement de notre nouveau van acheté une semaine plus tôt à un mécano australien. 
On a fêté Noël avec les brésiliens et les français, 

le nouvel an avec nos copains français et mon anniv avec tous les gens rencontrés sur perth, principalement des français!  Bienvenue en Australie, le pays où les communautés étrangères se retrouvent.




Le 9, on quitte enfin Perth après 4 mois à travailler. Les températures étant insupportables dans le nord, on prend donc la route du sud, direction Margaret River.



On s'installe dans un campground, conto's campground, au sein du parc national Leeuwin. Des petits emplacements équipés de table à pique nique sont laissés à disposition.  Un ranger passe tous les matins récupèrer la location de 10 $ par personne.


On installe notre douche solaire et testons l'aménagement du van qui s'avère très bien conçu.



Le rythme change de celui pris à Perth.  Tout prend du temps,  la cuisine, la vaisselle,  la douche et c'est agréable. Immergés au sein de la nature, bien isolés de nos voisins,  on profite de la nature et de nos copains les animaux... petits oiseaux qui font un bruit de bourdon, kangourous curieux,  opposums, lezards géants ou dragons, renards peureux, perroquets verts vifs, etc. Enfin un aspect de l'Australie qui nous plaît,  sa nature incroyable et le contact constant avec les animaux. Cela tombe plutôt bien, le retour à la vie nomade et à deux est un peu éprouvant et nous avons besoin de ressourcement. 




Les plages et les forêts sont particulièrement magnifiques dans ce coin là. 






Deux jours après,  Daisy et Leo nous rejoignent pour 2 jours, le temps de faire quelques plages et une grotte nommée la Mammouth Cave. Un soir en revenant de la plage,  avec remy,  on a bien failli se prendre une famille de kangourous qui a traversé au dernier moment, sorti des fourrés. On a fait un dérapage contrôlé au milieu de la route slalomant entre eux. 









Ah les kangourous... le soir il y en a un qui s'est incrusté dans notre camping.  Il s'approchait de plus en plus du van et on a bien cru qu'il allait rentrer s'installer dedans. Comme un peu avant il nous avait grogné dessus quand on essayait de faire copain copain et que ces petites bêtes sont champions de boxe et peuvent te mettre ko, on faisait pas les malins. Mais il est reparti.


Notre maison sur deux roues et les 2 mois que nous avons devant nous, nous laissent encore une fois beaucoup de libertée. Nous choisissons notre itinéraire réellement au jour le jour voir même à la minute la minute.


Après Margaret River nous descendons donc plus vers le sud en direction du cape leeuwin, où un phare fait la jonction entre l'océan indien et l'océan antarctique.  Avant cela, nous faisont un arrêt sur la magnifique hamelin bay, sur l'océan indien, où le regard, s'il pouvait porter,  nous menerait directement au sud de l'Afrique, voir même en Amérique du sud.


Nous recroisons la famille de français,  un couple de marseillais avec 3 enfants, qui termine leurs road trip de 3 mois en Australie. Ils ont fait l'école à la maison,  au grand plaisir des enfants qui ont l'air super épanouis et débrouillards!  Encore un exemple de famille qui fait l'expérience du voyage et qui en ressort plus que conquis. Les parents se sont rencontrés à bord du bateau le bel espoir, qui réinsére des toxicos et sortis de prisons par le biais d'une croisière mélangeant parcours ordinaires et personnes en réinsertion...super intéressant voir l'association belespoir.com. En plus David est marin dans la marine marchande à Toulon... ce qui nous a bien fait pensé et à Raf et à Papet.


Nous descendons par la suite au cap Leeuwin, où le phare est fermé. On poursuit donc la route avec un arrêt au camping Alexandra bridge.




Le lendemain en essayant le camion, je me prends le barbecul et cabosse le van..
On continue la route jusqu'à pemberton où nous decouvrons les parcs nationaux.  On recroise encore la famille dans un petit centre commercial et on les suit au Gloucester tree, un arbre de 53 mètres de haut où il est possible de monter.  Tout le monde grimpe sauf Noe, le petit dernier de la famille et moi même et mon vertige qui restons en bas pour rattraper ceux qui tomberait.






Puis nous voilà en route pour le camping au sein du Warren parc, sur une route poussiéreuse qui repeint le van, où nous évitons les kangourous suicidaires.
Nous avons pris l'apero avec la petite famille.

Le jour d'après,  après un petit plongeon dans la rivière,  nous roulons direction Albany. Le van nous fait notre petite frayeur mécanique au milieu d'une route lorsque l'accélérateur ne répond plus. Remy s'arrête,  et les autres conducteurs non. Ils nous laissent seuls sur la route sans réseau...




Remy regarde le moteur, sous le siège passager et raccorde un tuyau à air déconnecté... je pris la bonne étoile et nous voilà reparti! On décide d'aller voir la Mandalay beach, malgré la route cross de 8 km que l'on fait à 10 km heure. Arrivés las bas, la plage déserte ne nous déçoit pas encore une fois.





Au retour, à 10 cm du chemin goudronné, après l'avoir dépassé,  on se rend compte qu'un gros serpent faisait sa petite sieste au soleil. Je remets mes tongues et nous prevenons les passants australiens que nous croisons. Quand nous leur demandons s'ils sont dangereux,  ils nous répondent qu'ils le sont tous, vénéneux et dangereux. Et là,  tu te dis que la vie ne tiens qu'à un fil. Tu t'imagines que si le serpent n'avais pas un sommeil aussi lourd, il se serait réveillé sur notre passage bruyant, aurait mordu le premier bout de viande à sa portée...c'est à dire mon pied. Et là,  tu es à 50 km de la prochaine mini ville, sans parler du chemin de cross...tu n'as pas de réseau... et tu n'as plus qu'à espérer que les prières de grand mère soient toujours aussi efficaces et que tu croise un mec en 4×4 avec un portable satellite qui t'amène en moins de 30 minutes dans un hôpital où ils ont l'antivenin. Bref, merci grand mère et la bonne étoile,  le serpent dormait à point fermé . Après en y pensant bien, on avait aussi une redback (araignée rouge et noire mortelle) dans nos tomates à perth.. ça reste l'Australie avec la faune et la flore la plus hostile du monde!


Nous continuons la route, et allons à la vallée des géants où nous faisons un petit parcours à 40m de hauteur dans les arbres... même pas peur!




Puis nous trouvons un camping à Parry beach où nous rencontrons un couple de ... français, Mikael et Amandine.

Le lendemain nous decollons comme d'habitude aux aurores,  à 11h30 en espérant atteindre albany...on n'est pas des rapides mais on est en vacances hein!
On fait une pause à Ocean beach et danemark où l'on retrouve le couple de français pour deguster des pies à la bakery de Danemark.



On rebrousse chemin pour aller voir Elephant Rock que l'on a loupé.. mais on est plus à un détour près (parce qu'à chaque fois on loupe le peu de panneaux qu'il y a et on doit revenir en arrière pour les lire!).










Et là, qui on croise? La fmille de français qui a toujours une longueur d'avance sur nous, malgré qu'eux ils ont 3 enfants à s'occuper!

La plage et les environs sont magnifiques,  on est contents du détour. Nous reprenons ensuite la route pour rejoindre aziliz et charles entre Denmark et Albany que nous retrouvons sans éviter le détour traditionnel. Ils sont en woofing chez un agriculteur.
Ils nous emmènent à Cosy corner,  près d'une plage,  à un endroit où l'on peut camper sans se faire contrôler par les rangers. On arrive las bas et qui l'on croise?... les seuls autres campeurs... la famille de français!!

On fait une petite soirée las bas et on y passe la nuit.
Aujourd'hui, petit plongeon dans la mer après un bon petit déjeuner entre copains...puis petit resto et là on va commencer à se preparer pour la traversée du désert qui arrive dans quelques jours.. 2600 km de traversée!!





Voili voilou, on profites bien et on vous fait des bisous!

jeudi 4 décembre 2014

Dumbartung, la lutte des aborigènes

3 mois en Australie,  mon coeur fait des bonds à chaque fois que je croise un autochtone dans la rue. Qui sont ils, qu'ont ils vecuent et quelles sont leur réalité aujourd'hui?

Un jour je me décide enfin à contacter une association "indigenous community volonteers" et rencontre emma, jeune australienne,  sur un poste similaire au mien aux eedf. Elle m'explique que l'association, créée il y a une quinzaine d'années,  répond aux demandes des communautés aborigènes.  Ils analysent ensemble les demandes et co-construisent des projets pour y répondre.  Ils envoient alors des volontaires, spécialisés dans le domaine requis pour travailler avec les autochtones. Avis aux voyageurs qui souhaitent faire une mission volontaire sur 7 mois minimum : www.icv.com.au/contact/

Elle me conseille vivement d'aller rencontrer un couple aborigènes à perth, qui s'occupe de la "perth dumbartung aboriginal corporation".

Deux jours plus tard, après un coup de fil à Robert, en charge de la corporation,  me voici dans les locaux. Ils sont autour d'une table avec deux autres adhérents, le ton est grave.  Robert et Selina m'accueillent chaleureusement.  Je ne sais pas bien comment expliquer ma venue. Je leur dit simplement que je suis en voyage en Australie et que pour l'instant j'ai l'impression d'avoir vu une façade de l'Australie,  celle qu'a construite les britanniques. Ils comprennent.



La corporation a vu le jour il y a 30 ans environ. Leurs objectifs sont nombreux, de la lutte pour la reconnaissance droits des autochtones,  à la concervation du patrimoine culturel de leurs communauté,  en passant par le développement des arts aborigènes, l'éducation des jeunes à l'histoire de leurs cultures, l'accueil et l'écoute de toutes personnes de leurs communautés en nécessité,  la diffusion au niveau international de la réalité autochtone en Australie,  etc.


Malheureusement,  leur champ d'action est quand à lui plus que réduit.  Aucunes aides, peu de droit,  peu de soutien... la lutte est longue et épuisante et derrière le sourire amical de selina, je peux ressentir les années de lutte et la fatigue d'un combat si inégal.  La lutte contre un géant,  le cri d'un peuple étouffé...comme dans un de ces rêves où l'on crit de toute ses forces mais où aucun son ne sort de notre bouche et personne est là pour nous venir en aide.


Les aborigènes d'Australie sont une, voir la civilisation la plus ancienne du monde. Les 1eres migrations pourraient datées de 60 000 ans avant notre ère. Ce n'est qu'au XVIIe siècle qu'arrivent les premiers explorateurs et marchands européens.  En 1788, la colonisation britannique commence à Sydney. 

L'histoire n'est pas originale,  comme toutes les colonisations, elle a vu massacres, esclages, abus, violences sur ces habitants riche d'une histoire de plus de 50 000 en tant que seuls habitants du continent.


Le 1er gouverneur Arthur Philipp, devait établir des rapports avec les aborigènes et vivre dans "l'amitié et la bonté" avec eux mais il n'a pas du bien recevoir le message qui déjà en lui est délirant.

Robert me dit qu'il y a 200 ans, il y avait environ 300 communautés différentes avec leurs propres langues et cultures,. Aujourd'hui il n'existe plus qu'une dizaine de langues encore parlé.  Les communautés, bien qu'ayant des langues et traditions différentes,  ont été regroupées et mises dans des reserves aux conditions de vie desastreuses.


De 1869 à 1969, des enfants  du detroit de torres ont été enlevés de force par le gouvernement à leurs parents.  Souvent des metis de mère aborigène et père blanc. Ils ont été placés dans des orphelinats, internats, missions chrétiennes ou familles de blanc. Il en a été recensé environ 10 000 appelés la "stolen génération", la génération volée. 50 après le traumatisme reste là.


Bien que beaucoup de personnes pensent que desormais tout va bien, le gouvernement continue d'acheter à prix dérisoire le peu de terre restant aux aborigènes. 

Lorsque j'étais là,  une famille a débarqué dans le bureau demandant de l'aide parce que la fille d'une des dames est enceinte et que les services sociaux veulent placer l'enfant dans une famille d'adoption à la naissance parce que la mère est en incapacité de s'occuper de lui. La grand mère souhaiterais avoir la garde ou au mieux qu'il soit placé dans une famille aborigène.  Robert m'explique que ce genre de problème est très courant et pour lui c'est la continuité de la génération volée.  Le but étant de donner une éducation "blanche" aux nouvelles générations et d'anéantir un peu plus ce qu'il reste de leurs culture. 

Auparavant leur local était situé dans un ancien orphelinat pour blancs juste à côté du bâtiment actuel. Il me raconte que Bob Dylan était venu les voir et avait ressenti l'énergie obscure du bâtiment. L'histoire raconte que les enfants y auraient été abusés et maltraités.  Robert me dit, quand tu penses ce qu'ils ont été capable de faire à leurs propres enfants,  il est à peine imaginable de penser ce qu'ils ont put faire à ceux de notre culture.

Le dalai lama les a aussi visité.  Robert me dit qu'il s'est trompé en disant que chacun en Australie avait le droit de pratiquer sa religion. En effet, s'il y a des temples bouddhistes,  des eglises, des mosquées et autres lieux de cultes, le seul endroit pour les autochtones à perth est cet endroit. 


Avant, il avait dans un bâtiment à côté un musée où ils exposaient les vestiges de leurs cultures,  qui était très visité par tous les aborigènes souhaitant retrouver leurs racines. Il a été fermé pour restauration mais ils ont su que la mairie n'avait pas pour projet de le leur rendre. Ils sont actuellement en lutte pour le récupérer.  Tout est lutte me disent ils.



Il y a quelques années,  ils ont alerté le gouvernement sur le nombre inquiétant de jeunes autochtones se suicidant. Jusqu'à présent rien n'a été fait.

Deux moyens de les suivre et de les encourager : facebook : dumbartung aboriginal corp et internet : dumbartungaboriginalcorporation.org ... n'hésitez pas à en parler aux voyageurs qui iraient en Australie et à venir les rencontrer à perth ou ailleurs!


Ils m'ont montré quelques videos et photos, m'ont donné des livres et un baume fait avec des produits de la jungle et m'ont même raccompagné en voiture jusqu'à chez moi!
Quelle belle et émouvante rencontre. Merci à vous pour tout, pour votre lutte, pour votre espoir et votre accueil et plein de courage.



Je retournerais les voir avec remy et ils nous donneront des contacts pour aller voir des communautés aborigènes lors de notre voyage en Australie.


Perth suite et sûrement fin


Vous l'aurez compris, on a moins de choses à raconter lorsque l'on reprends un rythme de sédentaire.
Néanmoins,  beaucoup de choses se sont passées. Avec remy on a encore changé de travail. Lui a bossé dans une autre boîte pendant 2 semaines puis finalement dans celle où il est actuellement où il bosse 10h par jour 6 jour sur 7...épuisant mais c'est la dernière ligne droite avant de partir donc on essaye de mettre (enfin) des sous de côté.  Pour l'instant,  etant donné que pendant un mois et demi, un coup remy travaillait,  un coup moi, on a pu juste rentabiliser le coût de la vie ici mais pas plus..
De mon côté,  j'ai enchaîné les petits boulots,  barman lors de la Melbourne cup, barman dans un bistro français, serveuse,vendeuse de pâtisserie et j'ai retravaillé pour une association pour récolter des fonds (cancer council).


Ici, tu apprends tout sur le tas. 

Je me suis retrouvée lancée au milieu d'un bar pour mon premier jour de barman, au milieu d'une foule innommable de clients  sur leurs 31 venus parier sur une course de chevaux. Je me croyais dans un film. La manager m'explique en 2/2 où sont les alcools, la caisse, etc. Et me voilà partie pour 7h de boulot non stop. Les clients richissimes t'agitant des billets de 50 ou 100 et commandant sans relâche. Le plus dur fût de comprendre leur accent et les clients finissaient par m'indiquer du doigt la boisson désirée.   Au bout de 2/3h, une respiration soudaine, tous les clients reculent du bar... la tension monte.. sur les écrans les chevaux vont passer la ligne d'arrivée... tous les regards fixent les ecrans, les cris montent pour éclabousser en cris de joies ou de déception. Je regarde pour la première fois ma collège dans les yeux, on en rient tellement on n'a pas eu une seconde à nous.. la pause de quelques secondes est finie, tout le monde revient vers le bar... pour quelques autres heures . Une journée bien remplie mais une expérience unique et géniale!



A part ça,  un boulot de debarassage de table, ennuyant à mourir, où certains des clients te tendent avec dédain leurs assiettes sales, sans un regard. D'autres heureusement sont sympas.

Finalement,  on trouve du travail assez rapidement. Remy est beaucoup sollicité en tant que charpentier. Lorsqu'il pose une annonce il est appelé dans les heures ou jours qui suivent et moi pareil après la dépose des cv dans les bars et restaurants. 

J'ai eu quelques jours dans un bistrot français chic, en tant que barman où j'ai surtout nettoyé et essuyé des verres sous les ordres des serveuses et manageuses ultra désagréables qui te prennent pour une débile. Le barman qui bosse avec moi, sympa, a été tout surpris en apprenant que j'avais 2 master et un parcours professionnel avec des postes à responsabilité. 


Pour remy aussi c'est pas simple. A cause de la langue, il travaille avec moins de responsabilité et sur des choses moins interessantes. Mais tout deux, nous apprenons à nouveau la valeur du travail, nous faisons preuve d'humilité,  et perseverons dans un but précis,  continuer notre voyage. 

Pour ces dernières semaines, j'ai trouvé une superbe opportunité,  travailler dans un centre commercial pour vendre des jouets. 6 jours sur 7, 10h par jour mais le salaire est intéressant et le patron adorable.  Remy va continuer dans sa lancée et on pourra enfin mettre de côté. Ça tombe bien puisque incessamment sous peu, nous allons acheter un van pour le road trip!

Donc voilà,  la vie suit son cours. Nous avons rencontré deux couples de français avec qui on a bien sympathisé.  Remy a acheté une slack, et on a un peu profité de la plage.



Belle daisy




Luis, le colloc et remy













J'ai aussi profité de mes jours off pour rencontrer une association d'autochtones et je vais écrire un article spécialement pour eux, les premiers habitants d'Australie,  car ils en valent mille fois la peine voir plus!